Le sud Vietnam, love and hate relationship
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Vietnam 1ere partie, Le sud
Samedi 2 avril : Passage de la frontière Cambodge – Vietnam :
Ce samedi matin, on quitte l’hôtel perdu dans la jungle de Kep assez tôt pour aller prendre notre bus. Celui-ci doit nous amener jusqu’à Hatien, au sud du Vietnam.
Nous sommes seuls dans le minibus et on commence à s’engager sur des routes en terre, sur plusieurs kilomètres. Au bout de 30 minutes, le bus nous arrête et nous dit de descendre. En fait, il n’a pas le droit, avec une immatriculation cambodgienne de passer la frontière, c’est donc en scooter que nous passerons au Vietnam (sympa avec les deux gros sacs !!) ce qui n’était bien sur pas du tout prévu.
Deux motos nous attendent effectivement et nous emmènent jusqu’au premier poste cambodgien que l’on doit passer… à pied !! Les chauffeurs nous attendent plus loin.
Ensuite on repart en scooter jusqu’au deuxième poste vietnamien. Là encore, il faut descendre car il faut faire valider nos visas.
Première étape, « la visite médicale ». On doit remplir un questionnaire de santé dont une partie seulement est traduite en anglais. Du coup le « médecin » nous fait répondre « non » à toutes les questions et vérifie qu’on n’a pas de température. Lui-même n’est pas convaincu par l’efficacité de cette visite mais nous demande quand même 2 dollars !! Ca commence bien !! Ce qui nous agace, c’est qu’à l’extérieur des cars remplis de touristes attendent tranquillement que le chauffeur s’occupe de leur visa, et sont donc exempts de visite médicale.
Deuxième étape, les visas. Ca y est on est officiellement sur le sol vietnamien. On peut de nouveau reprendre les motos… et non troisième étape, le contrôle des visas, où il faut aller de nouveau à pied !!!
Les motos nous déposent à la gare routière de Hatien et prennent un verre avec nous. Surtout, ils attendent qu’on les paie parce qu’en effet le bus que nous avions pris au Cambodge ne nous emmenait pas jusqu’à Hatien, comme cela était indiqué mais uniquement jusqu’à la frontière vietnamienne !!!
Pour finir, nous apprenons que le bus partant pour Rach gia, une petite ville située dans le sud du pays, ne part que dans une heure. On en a déjà marre et il n’est que 10h !!
Finalement, on vient nous chercher vingt minutes plus tôt en nous pressant, le bus part !!
Il s’agit en fait d’un minibus bondé, on n’a même pas la place de mettre nos sacs et il fait super chaud. Après 2 heures de bus, on arrive à la gare routière où on reprend un bus en direction de Can Tho, capitale de la région située au cœur du delta du Mékong. Nous arrivons, épuisés, en fin d’après midi, dans un hôtel vraiment pas cher mais un peu sordide… ce n’est que pour deux nuits.
Pour cette première soirée au Vietnam, nous trouvons, par hasard un petit resto très bon et vraiment pas cher, le Mékong et où le patron…parle français !!
On est un peu perdus, le Vietnam reste quand même très différent du Cambodge. Déjà, c’est incontestablement beaucoup plus riche et plus propre. Les gens sont eux aussi très différents, plus dynamiques mais aussi plus agressifs, surtout, quasiment personne ici ne parle anglais.
Pour être francs, nos premiers jours au Vietnam nous laissent un peu perplexes, on n’est franchement pas fans et on a qu’une envie, retourner en Thaïlande. Pour finir, on se rend rapidement compte qu’il est impossible de se connecter à Facebook !! Alors comment on va faire nous pour se tenir au courant des derniers potins ? Vive la censure !!
Le point positif que l’on tient quand même à souligner, c’est que Can Tho est la première ville d’Asie du sud où il n’y a aucune blatte !!!
Vue du Mekong depuis Canto

Lundi 4 avril : Départ pour Hô Chi Minh City (Saigon) :
Ce matin, on reprend une nouvelle fois le bus. Le trajet pour Saigon est d’environ 4 heures, toujours en musique avec le désormais habituel Karaoké !!
Nous arrivons à HCMC en début d’après midi. La gare routière est très éloignée du centre ville et notre charmant chauffeur de taxi en profitera pour nous facturer le double du prix normal pour nous amener à notre hôtel !!
HCMC est une ville immense de plus de 8 millions d’habitants !! Ce qui nous frappe ici, c’est le bruit !! C’est pire que Bangkok !!! Avec une grosse majorité de scooters et moins de voitures. Les trottoirs sont bondés, ça klaxonne dans tout les sens et surtout, aux heures de pointes, les scooters coupent la route en passant par les trottoirs, c’est charmant pour les piétons !!!

Par contre, HCMC est très animée, des bars, des restaurants, des discothèques partout, du monde dans les rues, c’est une ville vivante !!
Le lendemain, nous attaquons la visite de la ville et nous décidons de commencer par le musée de la guerre. Celui-ci retrace les deux grandes guerres ayant marqué le pays : la guerre d’Indochine contre la France et celle du Vietnam contre les américains. Le musée est particulièrement intéressant car il reprend toute l’histoire du pays depuis la seconde guerre mondiale, le tout avec des photographies et des documents à l’appui.
Cependant, si le musée consacre une salle entière à la guerre d’Indochine ainsi qu’à l’indépendance du pays en 1954, la majeure partie traite de la guerre du Vietnam. Et le pays n’a clairement pas été épargné !! Crimes de guerre, atrocités commises sur des civils par l’armée américaine, tortures,… et surtout, utilisation massive du tristement célèbre « agent orange ». Cet agent chimique était utilisé par l’armée américaine pour la déforestation (là où étaient censés se cacher les vietcongs) mais s’est avéré causer d’abominables effets secondaires tels que malformations, maladies, morts prématurées…et ceci sur plusieurs générations. Encore aujourd’hui, des milliers d’enfants vietnamiens naissent avec des malformations importantes à cause de cet agent.
Nous restons plus de trois heures et avons tout juste le temps de finir avant la fermeture !!
Quelques chiffres hallucinants

Un enfant sur un bout de jungle après le passage de l'agent orange... 15 plus tard il perdra ses jambes et mourra 30 ans plus tard

Quelques typesdemunitions utilisé

Dedey s'en va en guerre

Le lendemain, nous nous rendons au HCMC museum, le musée traitant de la ville d’Ho Chi Minh de la préhistoire à nos jours. Nous sommes cependant ressortis un peu déçus car hormis le fait qu’il n’y a pas la clim et que la chaleur est insupportable, il n’y a pas vraiment de logique dans ce musée. Les salles exposent une multitude de choses dans le désordre, sans explications et surtout sans avoir l’intégralité des traductions en anglais !! Bref, on ne reste qu’une heure et décidons de partir visiter l’ancien quartier colonial. On tombe sur la fameuse poste, héritage de l’époque française. La ville reste globalement encore assez marquée par cette période (avenues bordées de platanes, maisons coloniales, lampadaires dans certains quartiers, …)
Le problème reste la chaleur !! C’est suffoquant. On rentre à notre hôtel trempés et épuisés par cette deuxième journée de marche dans la ville. On a vraiment besoin de fraicheur. Du coup, on décide de partir pour la montagne, à Dalat.
Jeudi 7 avril : Départ pour Dalat
Ce jeudi matin, on réserve un bus pour 10 heures. Dans le bus, toujours pas un seul touriste en vue, on commence à se demander comment ils font pour se déplacer, on pense qu’ils préfèrent prendre l’avion !! Au bout de 8 heures de bus et de karaoké à fond, on comprend mieux pourquoi. On arrive à Dalat à 18 heures, saoulés et surtout dégoutés d’avoir mis autant de temps.
Par contre, on découvre une petite ville de montagne très jolie, avec énormément de bâtiments français. On se croirait vraiment à Aix les Bains ou Annecy.
Notre guest house, le Dream Hotel de Dalat est vraiment très sympathique. Située au centre de Dalat, on a quand même un sauna, un hammam et un jacuzzi pour 20 dollars la nuit (soit environ 15€), avec en plus un petit déj délicieux !!
Dès le premier soir on rencontre deux motos-guides, les fameux easy rider de Dalat, Joseph et Paul qui parlent parfaitement anglais et français. Ils nous proposent de nous emmener visiter les alentours de Dalat en moto le lendemain toute la journée ce que nous acceptons tout de suite.
Joseph et Paul, nos guides Easy Rider

Il faut savoir qu’au Vietnam, les étrangers titulaires du permis B n’ont pas le droit de conduire de deux-roues d’une capacité supérieure à 50 cm3. En montagne, ça limite donc pas mal le choix !
Notre journée moto commence donc à 8h30, sous un magnifique soleil. La montagne rappelle beaucoup le sud de la France, une terre très rouge et de nombreux pins. C’est magnifique !
Joseph propose de nous accompagner à pied en haut d’une montagne où le point est apparemment magnifique, ce que nous acceptons volontiers. Au bout de quelques minutes, nous devons nous raviser : De nombreux buldozers sortis de nulle part on commencé à creuser à flanc de montagne pour construire la nouvelle route !!
Nos guides nous expliquent qu’ici, les constructions d’hôtels de luxe, routes, … ne cessent de détruire l’ensemble du paysage pourtant magnifique. A regarder de plus près les panneaux publicitaires qui bordent la route, ces montagnes sauvages et désertes seront, dans quelques temps, de véritables usines à touristes !!
Bientôt rasé:

Nous arrivons ensuite dans un monastère où de nombreuses personnes s’arrêtent pour des retraites spirituelles. On comprend pourquoi, cet endroit est un véritable havre de paix en pleine nature.


Nous déjeunons en compagnie de nos deux supers guides, l’occasion pour nous d’en apprendre un peu plus sur le pays. Ce qui est appréciable, c’est qu’ils nous parlent de leurs pays avec une franchise très appréciable, ils nous expliquent ce qu’ils aiment ici et ce qu’ils aiment moins… le tout avec le sourire…On est tombé sous le charme !!
Ce qui nous frappe à Dalat, c’est cette impression d’être en France. Cette ville était en fait la destination favorite des colons français vivant dans le sud du Vietnam. Ces derniers ne supportant plus la chaleur étouffante de Saïgon venaient se ressourcer ici et profitaient de la fraicheur des lieux pendant leurs vacances. Leurs seules obligations étaient de contruire des maisons reprenant l’architecture de leur région, on retrouve donc des maisons à colombages alsaciennes, des maisons normandes etc.. La plupart de ces maisons ont été récupérées par l’état à l’indépendance.


Après trois jours passés à la montagne, on décide de partir pour la mer, direction Nha Trang
Dimanche 10 avril : Bus pour Nha Trang :
Nous prenons le bus de 7h30. Normalement, le trajet ne dure que 4 heures. Ouf !! En plus le chauffeur n’a pas l’air fan de karaoké ; il se contente de mettre la radio avec un volume tout à fait correct.
Le trajet, en plus d’être court, a l’avantage d’être magnifique. Des montagnes et de la jungle sur des kilomètres, à perte de vue.
On arrive au Ha Van Hotel vers 11h. Encore une fois, pour le prix, celui-ci est magnifique et situé à seulement quelques minutes de la plage. Il est tenu par des quebequois particulièrement prévenants avec leur clientèle.
Nous passons le début d’après midi sur l’immense plage de la ville. Celle-ci est magnifique et très propre. Comme à Dalat, on retrouve cette « french touch » ; Nha Trang a définitivement des airs de côte d’azur !
De retour à l’hôtel, nous jetons un œil sur les activités et sorties proposées. Là on halucine sur les prix vraiment peu élevés, notamment sur une journée snorkelling à 7 dollars comprenant le taxi, le bateau, le repas du midi et le matériel. Là on se dit Banco, une journée snorkelling à 7 dollars il faut absolument qu’on teste !!
Nous voilà partis le lendemain matin 8h pour une journée de folie !
Le minibus vient nous chercher à notre hôtel. Nous sommes un peu surpris de constater que nous sommes les seuls occidentaux. Surtout, tout ce petit monde est très jeune et semble déjà se connaitre. On roule directement en direction du port. On embarque sur un bateau où nous sommes sérés comme des sardines. Toujours pas d’occidentaux en vue et surtout on sent que les gens ici ne sont pas venus plonger ou faire du snorkelling. Ce qui nous inquiète, c’est qu’autour de nous, c’est le festival, il y a plein d’autres bateaux comme le notre, blindés, qui semblent tous aller dans la même direction. Merde alors, n’aurait-on pas bien lu la plaquette de l’hôtel ??
D’un coup, on aperçoit trois jeunes filles aussi perplexes que nous et surtout ravies de voir elles aussi des touristes occidentaux. Elles aussi sont venues pour faire du snorkelling et ne comprennent pas trop.
C’est une fois le bateau parti que nous comprenons. Un animateur prend le micro et commence à parler en viet puis en anglais. Il nous explique le programme tout en prenant des airs de DJ. Nous sommes en fait sur une croisière d’une journée et nous allons voir plusieurs sites. Le premier est un aquarium pour lequel il faut bien sur payer en plus pour la visite. Nous décidons avec les trois autres filles de ne pas descendre du bateau tellement l’île où se situe l’aquarium est un deversoir à touriste. En fait tous les bateaux que nous avons vu au port vont nous suivre pendant toute la journée ce qui va potentiellement faire beaucoup de monde partout.
Nous profitons de ces 45 minutes de non visite pour discuter un peu avec les trois filles qui sont des israèliennes finissant tout juste leur service militaire et profitant de cette période pour faire le tour d’asie.
Le guide reprend son micro et nous dit qu’on va dans une superbe crique réputée pour la plongée où nous pourrons prendre masques et tubas pour aller voir les fantastiques fonds marins. Ah enfin !! se dit-on. On déchante assez vite quand on voit où le bateau stoppe. Il s’agit en fait d’une platte forme sur la mer où tout les bateaux stoppent. On descend donc ici sans savoir où aller. Il y a du monde partout…Ah on voit un type qui vient de plonger directement dans l’eau entre deux bateaux…Ben on va devoir faire pareil alors ?? L’eau est dégueulasse, entre les traces d’essence et les ordures, ça donne pas très envie mais bon on y va quand même. Les filles ne sont pas non plus très rassurées. On s’éloigne des bateaux en nageant tout en essayant de ne pas se faire écraser. Enfin, on se rapproche de l’île et on tente de mettre la tête sous l’eau pour voir un peu ce qui se passe. C’est un peu cracra mais on distingue quand même quelques petits poissons. Mais un nouveau problème vient vite se poser car ce qu’on voit surtout, à la surface de l’eau, ce sont des méduses qui commencent à nous piquer sans aucune pitié. Direction le bateau, notre baignade aura durée 5 minutes.
Nous revoilà sur le bateau, au bord de la crise de nerf d’autant que l’on vient d’apprendre que notre après midi sera pimentée par … du karaoké. Chris commence à péter les plombs…
Bref, le bateau repart. C’est l’heure de manger. Nous nous retrouvons seuls sur le pont supérieur, avec un groupe de jeunes vietnamiens. Ces derniers ont amené des bières et c’est naturellement qu’ils les partagent avec nous. Nous faisons vite la connaissance de Stephen, qui parle un anglais parfait. Il nous explique que c’est un jour férié au Vietnam et que beaucoup de gens en ont profité pour prendre trois jours. Voilà pourquoi il y a autant de monde !!

Après le déjeuner, c’est karaoké et surtout, un concept tout à fait inconnu pour nous : « le bar flottant ». Pour déguster du vin, il faut donc sauter dans la mer et nager jusqu’au bar flottant. Attirés par le vin, nous ne résistons pas et plongeons du bateau. Ca fait du monde à la mer et c’est bien rigolo. Le tout sur des vieux tubes de Nirvana, c’est complètement décalé c’est génial !!

Nous nous rendons pour terminer sur une plage privée où il y a un peu moins de monde. On s’installe bien confortablement dans des transats et on sirote des bières,
On reprend le bateau en fin de journée. Finalement, on ne regrette absolument pas notre journée !
Le lendemain on décide de louer un scooter pour visiter les alentours et surtout atteindre une immense plage déserte appelée « long beach ». Après avoir essuyé plusieurs échecs sur la route, nous arrivons enfin sur cette plage immense..ément vide où plusieurs petites gargottes se sont installées à même le sable. C’est en effet désert et la mer est magnifique mais toujours un peu énervée. Trop de vagues, c’est difficile de se baigner.

Ce qui est un peu dommage, c’est que d’immenses travaux ont commencé tout le long de la plage. Des hôtels de luxe en retrait de la ville vont bientôt sortir de terre partout… Heureusement qu’on aura profité de ce petit bout de paradis avant qu’il ne disparaisse.
Ce soir là, on a envie de manger français et on voit qu’il y a sur Nha Trang une crêperie bretonne. Le patron propose en plus une belle carte de vins. Sans hésiter nous nous rendons dans cette cave superbement aménagée. Nous ne serons pas déçus. Des vins excellents pour des prix très abordables, des crêpes délicieuses et surtout un patron très sympa, qui restera à boire des coups avec Chris jusqu’à 2 heure du matin !!

Clope Fromage et vin... ça fait plaisir

Après une dernière journée plage, nous décidons de prendre le train de nuit jusqu’à la ville de Hué. A regret car vous l’aurez compris, Nha Trang, on a vraiment aimé !!